Et si on se disait tout
Mêlant fantastique et quotidien, Jacqueline Boyé nous entraîne dans un roman d’une étonnante actualité tout en soulevant, par touches discrètes, de profondes interrogations philosophiques en laissant libre le lecteur dans son appréciation…
C’est une histoire qui pourrait être vraie.
Une copropriété dotée de six maisons au slogan « Chacun pour soi et Dieu pour tous » d’après madame Jeannie Lagarde.
Combien de fois Jeannie avait-elle chassé la fameuse conscience qui lui certifiait l’évidence d’un Dieu qui l’obsédait aujourd’hui plus que jamais ?
Et si chacun de nous payait après sa mort, dans l’autre monde, toutes ses erreurs acquises dans sa vie ?
LES PREMIERES PAGES :
L’invisible est un regard qui va plus loin que nos yeux de chair…
Retraitée, Jeannie Lagarde veuve est confrontée à la réalité de la vie : Culpabilité, regrets, déceptions, vieillesse, deuils, fatigue, maladie, …la dépression la guette engendrant sournoisement malaises sur malaises, mal de vivre, l’obligeant à trouver une réponse aux véritables questions existentielles maintes fois posées dont les pourquoi se multiplient à l’infini sans trouver de réponses, à moins que peut-être, à l’hiver de sa vie… Mais non ! Elle ne pourra jamais avouer le vrai tracas qui perturbe sa conscience. Prisonnière de ses propres démons, elle sombre sans trouver l’issue qui lui tend les bras, la seule qui pourrait maintenant la délivrer de son mal-de vivre : Révéler tout simplement la vérité, et, Louis Aubusson, l’époux de Martine, sa meilleure amie, en connait la cause.
Louis, retraité, ancien professeur de philosophie s’occupait de son épouse Martine, handicapée provisoirement à la suite d’un accident de voiture. Il venait à ses heures de liberté, bavarder sur le passé avec son amie Jeannie. Tous deux se lançaient dans des conversations interminables qui les sortaient de leur quotidien et leur rendaient un peu leur vivacité de jadis, celle qui permettait d’être utile et de donner encore un sens à leur vie.
-Jeannie, nous ne sommes qu’un passage sur terre. Réfléchissez. La vie est bien faite si nous acceptons la déchéance de notre propre vie.
-Et de nos erreurs, rectifia-t-elle. Vous savez très bien de quoi il s’agit. Nous n’avons pas toujours agi convenablement, vous en conviendrez. Vous avez trahi votre épouse Martine avec moi et moi j’ai trahi Charles mon mari avec vous. Allons, ne remuons pas le passé, mais j’avoue que depuis quelque temps la culpabilité me hante.
-Le regrettez-vous ?
Spontanément, elle s’écria.
Non ! Puisque je vous aimais… aussi. Et vous ?
-Je ne vous répondrai pas. Vous connaissez la réponse aussi bien que moi.
Leurs mains s’enlacèrent. Leurs yeux se parlèrent.