ÉCHAPPÉES VERS LES HORIZONS INTANGIBLES
Myriam Philibert nous ouvre les portes de l’invisible dans une recherche où la Connaissance se lie à l’intuition pour guider l’Eternel étudiant…
AILLEURS
« L’homme intérieur ne se situe ni dans le temps, ni dans l’espace, mais purement et simplement dans l’éternité. »
Maître Eckhart
Ailleurs devient ainsi un (ou des) autre(s) monde(s), fantasmagorique(s). Des synonymes entrent en lices : chimère, illusion, fantasme, songe, rêve, vision, apparence ou fiction, allégorie, imagination, idéal. Il est impossible d’en développer toutes les applications. On ne peut que les suggérer. Donnons donc au mot trois acceptions :
- les civilisations oubliées, méconnues, fantastiques, les pays imaginaires, etc.
- l’ailleurs du chamanisme
- les conceptions actuelles que suggère la science.
Les civilisations étranges…
AILLEURS
L’homme intérieur ne se situe ni dans le temps, ni dans l’espace, mais purement et simplement dans l’éternité. (Maître Eckhart)
Un petit elfe avec de longues oreilles pointues et de grands yeux de biche globuleux me regardait. L’instant d’après, s’invitait tout le peuple de la forêt, tous les animaux se fondant les uns dans les autres. Il existe des couloirs vers ces lieux d’égarement. Ainsi, le vallon des Vaucèdes. D’un côté, une double barre calcaire obstrue le ravin. Nul ne sait sur quoi ouvre cette opportunité. Jadis, un torrent coulait à des profondeurs vertigineuses. En bas, les arbres vont puiser la lumière à des hauteurs effrénées. Parfois, un orage réveille le souvenir de l’eau enfouie à jamais. L’écho même en a disparu. De l’autre, deux strates verticales forment une porte étroite que la végétation a progressivement envahi, une arche perdue sur un couloir de verdure, de mousses généreuses et de lierres triomphants, conduisant on ne sait où. Entre les deux, un chemin piétonnier où l’homme, pour peu qu’il se dresse à la verticale, peut atteindre l’intemporalité. Celle-ci semble s’accrocher à la terre entre « deux » ailleurs ! Le chemin ne serait-il pas une illusion promise au voyageur qui a perdu sa voie ?
Ailleurs !
L’ailleurs est un miroir en négatif. Le voyageur y reconnaît le peu qui lui appartient et découvre tout ce qu’il n’a pas eu, et n’aura pas. (Italo Calvino, les Villes invisibles)
Et l’on rêve éveillé ou endormi… Ou l’on propose une sortie en groupe, aux confins des apparences sur le thème des mondes invisibles et/ou des mondes parallèles. En vérité, il existe plusieurs « ailleurs » : celui du rêveur impénitent qui ignore la limite entre les plans de réalité ; celui du chaman qui franchit des portes ouvertes sur un espace-temps parallèle ; celui, invisible, où errent les défunts, mais aussi le Grand Ailleurs de l’astrophysicien pour qui il s’agit d’un vaste espace entre les galaxies. C’est ainsi que notre groupe s’est retrouvé un dimanche matin pour un voyage aux frontières de l’inconnu, sur le thème : « Mondes invisibles, mondes parallèles ».
Si vous voulez trouver les secrets de l’Univers, pensez en termes d’énergie, de fréquence, d’information et de vibration. (Nikola Tesla)
Cela se situait entre Tradition et expérimentations. Deux opportunités s’offraient à nous : le plateau de la Sainte Baume, ses reliefs karstiques et son dragon endormi ( ?) ou les crêtes au-dessus de l’étang de la Bonde. Le second projet fut adopté et le temps d’avril, glacial. Nous devions aborder certains points, tels que les portes et les interfaces, la terre creuse et les mystères que suscitent les avens, les mondes engloutis, ou encore l’Hyperborée et tous les univers étranges, fantastiques, situés aux limites du réel et de l’imaginaire. Nous fîmes donc cette balade, centrée sur l’instant et sur ces autres plans, immédiatement prévisibles, voire accessibles grâce à une autre vision, ou superposables, en matière de physique quantique.
La journée était placée sous le signe de la corneille. Hélas nous n’avons pas « entendu » son message car nous devions être sur une autre fréquence qu’elle ! Pourtant, elle se faisait insistante. Nous marchâmes jusqu’à la première porte, matérialisée par deux gros cailloux et une arche de verdure formée d’un tronc de pin venu s’échouer sur la fourche d’un autre. Il y eut un arrêt pour définir « porte » et interface. Il existe des portes tangibles dans le monde de la matière, d’autres plus virtuelles quand il s’agit de lunaison et de néoménie, ou de saison avec les portes solaires des équinoxes et des solstices. Quant à l’interface, voici le passage immédiat d’un plan de réalité à un autre, du plan du visible à celui de l’invisible. Le plus souvent nous voyons la porte comme une séparation entre extérieur et intérieur ou entre profane et sacré. Elle peut être ouverte ou fermée et il faut la clé. Quant à la fenêtre, c’est une ouverture vers un espace autre. Nous devions nous arrêter, au moins brièvement à chaque entrée. Il est vrai que leur étroitesse nous incitait à songer aux passages initiatiques dans les grottes ou entre les salles de certains dolmens.
Table des matières
Ailleurs
1 MYTHES
1 périple en quête d’îles fabuleuses
2 cités d’or et continents étranges
3 montagnes saintes…
4 Et centres occultes
2 PASSAGES
1 pas, portes et passages
2 interfaces, inter-mondes
3 la quatrième dimension
3 VOYAGES
1 vol magique
2 conscience altérée
3 mondes invisibles, mondes parallèles
4 mondes intangibles, mondes immatériels
Épilogue
Bibliographie